Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 09:23

La preuve, j'ai vu Sainte-Sophie avant de partir !

Je suis en Chine depuis dix jours maintenant. J'essaie
à nouveau d'y "faire du miel de toutes les fleurs", "her çiçekten bal almak", et je m'apprête à y entamer un nouveau blog, qui s'appellera "le lang man", du nom de mon prénom chinois. Si vous vous demandez ce que cela veut dire, c'est que vous êtes prêt à lire la suite... très vite.

(Chine)

Là voilà, elle s'intitule lelangman !
Par romainrama
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 11:18
Quelques détails qui m'ont amusé, et qui font d'Istanbul Istanbul, sont ici... j'avais oublié de vous les dire.

Istanbul est peuplé de petites filles roses qui ont une carte d'identité rose et de petits garçons bleus qui ont une carte d'identité bleue.


Yusuf Usta fait sa pub directement sur les murs qu'on lui confie : "mon mur prend l'eau !... Yusuf Usta est prêt !..."


Les kıro chauves n'ont pas tout perdu puisqu'il leur reste, outre la boucle d'oreille à gauche, l'option perruque.


Chez le marchand de porcelaine, cuisines nationaliste et islamiste ne se vendent pas loin l'une de l'autre.


Le roux cendré de Turquie, qui naît jusque dans les campagnes comme une surprise génétique, se tient, à Istanbul, diaboliquement mal. Il incarne la nuit stambouliote sauvage et débridée.


Tous les cinémas turcs pratiquent l'entracte. L'Alcazar, francophile, comme on le constate à ses affiches de Tatie Danielle et d'Indochine, est celui où j'ai vu Entre les murs, (Sınıfta, Dans la classe), de Laurent Cantet. Le seul turc du film était le bon élève très efféminé que sa mère destinait à Henri IV ! La salle était un peu suprise !


C'est toujours comme ça dans les boucheries d'ici : il y a l'avant, en haut. Puis l'après, en bas.


La vie pousse au milieu de ce qui est mort et les deux s'en accomodent bien.


VITOMOTO BALACARAK est un autre exemple d'accomodement, parce que c'est ainsi qu'on vit à Istanbul : sans trop s'en faire.


Les chats de mon quartier aussi goûtaient aux charmes d'une terrasse à Cihangir. L'un d'entre eux avait élu
comme logis nocturne, tout le temps de mon séjour, le paillasson de ma voisine. Le soir, comme un agresseur entêté, il bousculait pour entrer de force dans l'immeuble. Seul un coup de pied doucement ajusté pouvait l'en empêcher.


Yedikule a sept tours, comme son nom l'indique, et bénéficie dans chacune d'elle des lumières féériques d'Istanbul.


A défaut du Bosphore, je me contenterai, comme lui, des fresques et des images, en imaginant qu'il me suffirait, pour rejoindre la mer, de descendre des hauteurs de Beşiktaş. Il me faudrait juste quelques minutes après le petit-déjeuner pour voir les cargos passer, les méduses barboter et me reposer des cahots de la vie.


(avoir des fourmis dans les pieds - "karınca" signifie "fourmi", l'expression se traduit littéralement en turc)
Par romainrama
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Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 11:29
C'est le dernier mot que j'ai appris à Istanbul : (soirée d'adieu).

J'ai été si touché que tous mes amis de tous les jours soient venus me dire au revoir au Gizli Bahçe, sur Nevizade Sokkak, après ces cinq mois. Je les regrette maintenant, comme je regrette Istanbul.

Personne n'a compris pourquoi le bar interdisait les photos, mais il y avait h
eureusement un escalier.

Gizem
Bilinmeyen, Deniz, Cem, Ecem, Nur Banu
Noemi et Inayet Engin et Béatrice
Magali

Evren, Başak et Bawer

Ecem

Nami et Öncel

Nurhayat, Merve et Armağan

Öner, Adem et Doğu


Il manque la photo d'Önder parti trop tôt, ce qui ne doit pas lui déplaire.



Bağlantıyı koparmayalım, beni unutmayın lütfen, hepnizi özledim. Görüşürüz, kendinize iyi bakın.


Je voudrais aussi remercier toutes les personnes avec qui j'ai passé de jolis moments en Turquie et qui n'étaient pas là ce soir, si par hasard ils lisent ces lignes : Can, la soeur de Nami, Nathalie, Fırat, Volkan, Stephane, Aji, Burcu, Birol et sa famille, Burcu et son mari, Hakan, Füsun, Esra, Camil, Özgür, Özgür, Zeynep, Anthof, Ahmet, Helene, Ahmet, Toni, Salih, Nazan, Cumhur, Üzet, Siabant, Mehmet, Onur, Ceren, Çingı, Céline, Hamdi, Ömen, Esma, Kadir, Alberto, Fatoş, la maman de Başak, Aykan, Toumai, Tugba, Cemo, Üvey, Luciano et Armelle, Berk et Cahir, Kathy, Eşin, Kayhan, Aivo, Philippe, Nathalie, Sevinç, Max, Emre, Oktay, Serdar, Ali, Abubekir, Mehmet, Seyit, Zana, Suat, Esen, Fatih, Ömer Ali, tous mes étudiants, et tous les autres que j'oublie...

Par romainrama
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 11:17

En haut du village, un fort est livré à des camionnettes grises. Des hommes seuls occupent les sièges avant mais ne sortent pas. L'entrée est défendue par un panneau factice indiquant "zone militaire, défense d'entrer" mais les villageois recommandent de ne pas en tenir compte. C'est une sorte de terrain vague où l'on pourrait imaginer aussi bien les guetteurs de la plus haute antiquité que les trafics les plus louches, une fois la nuit tombée.
Je m'avance dans une sorte d'amphithéâtre, où j'ai à peine posé les pieds qu'une femme se retourne sur moi et se met à crier comme une folle. Ca fait peur. Pourtant, l'endroit domine le goulot par où la mer noire entre dans le Bosphore. Tout devant, au fond sombre à l'est, c'est la Crimée, derrière la brume de mer.

De cette place stratégique, on rejoint un port dont les pêcheurs, revenus de mer dès le milieu d'après-midi, s'escriment à leurs filets. Au-dessus d'eux, un grand phare blanc s'élève, et un restaurant perché. Lorsqu'on vient y commander à l'orée de la nuit, les tables sont si vides qu'en me retournant pour appeler un serveur, ils sont trois nez à nez avec moi, sur le pied de guerre. Ils refuseront longtemps de nous laisser payer l'addition.

La jetée est constituée de centaines de gros
blocs en béton (2 fois 2 fois 2 mètres). Quand on la suit, jusqu'au bout, les oiseaux s'élèvent jusqu'aux cabanes des falaises, dans la fumée d'un débarcadère. Là, devant l'embouchure où les cargos pénètrent un à un, le paysage est si tranquille et puissant qu'on voudrait y apaiser quelque chose de soi comme une émotion ou un souvenir.

(rafistoler)
Par romainrama
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 13:38
S'il fait un peu froid au coin de la rue, un stambouliote pas trop riche tiendra le raisonnement suivant : pour se réchauffer, rien de mieux qu'un petit feu !

J'ai adoré ces braseros improvisés à toute heure et en tout lieu. Ici, un pêcheur du pont de Galata fait une pause chaleur.


Les rues pentues de Tarlabaşı, descendues de si nombreuses fois pour me rendre à la piscine et à la salle de sport de l'Université de Bilgi, concentrent les boutiques de mobilier. Tables, chaises, tables basses font un bric-à-brac derrière toutes ces vitrines.

Les femmes du quartier profitent de la spécialisation du quartier pour faire des provisions de bois pour l'hiver.


Je garde surtout cette vision de Sütlüce, quartier positionné dans le coude du "Haliç", la Corne d'Or. Dans la nuit, les lumières scintillent de toute part sur les rives, vers le Bosphore et vers l'ouest. Quant au be bras de mer, il est opaque. De là où je suis, goûtant à la spécialité locale, l'uykuluk, la gorge de mouton, je vois de grandes pelouses désertes, qui jouxtent Miniatürk, le parc miniature. Mais une camionnette s'est, seule, garée le long de l'eau. Dans le froid qui est tombé, trois hommes se réchauffent les mains autour d'un feu.

(faire du feu)
Par romainrama
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