Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 14:22

Dans la célèbre librairie Alkım de Beşiktaş, une échelle monte au premier étage de la culture.

(profite du moment)
Par romainrama
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 10:27
Vincent et Ecem m'ont d'abord fait remarquer la forme un peu particulière de cet immeuble en bout de rue, dont la façade penchait tant qu'elle semblait sur le point de s'écrouler.

Puis, la voie de chemin de fer séparée par le béton barbelé et, au-delà, les berges de la mer sont deux lignes qui guident vers le souvenir d'un lieu connu. Je n'étais pourtant jamais venu ici.

Quelques pas plus loin, une vieille maison en bois attire mon attention. Elle est à vendre. Une petite cour où le toit flanche fume un peu de la fumée d'un poêle. Quelques chats sanguinaires, sur le perron, mordent dans l'os. Mais j'ai gardé le picotement du "déjà-vu". En effet, en me retournant car Vincent et Ecem sont restés en arrière, je découvre ça :


Nous avons beau interroger en vain les habitants du quartier qui n'ont pas mine à aller beaucoup au cinéma (les enfants du coin jouent avec de faux billets de monopoly)...
- Vous savez, il y a beaucoup de films tournés par ici...
- Il y a un an, peut-être...
- Les trois quoi ?
... je n'ai pas besoin de leur confirmation pour reconnaître l'immeuble caractéristique de "Üç maimun", "Les trois singes", dernier film de Nuri Bilge Ceylan.

L'immeuble est cinématographique, ses fenêtres donnent sur un champ de cargos patientant sur la mer. Il est pourtant trop délabré pour que les scènes d'intérieur n'aient pas été tournées en studio. Mais je suis ému comme aux retrouvailles d'un souvenir qui n'est pas tout à fait le sien, par exemple une légende de famille ou d'enfance, un premier amour de la personne avec qui l'on vit, une vieille photo en noir et blanc d'inconnus dénichée sur une brocante.

(tournage)
Par romainrama
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 13:45
("il n'a pas d'ayran pour boire mais il va chier en phaëton")
ayran - boisson quotidienne à base de lait fermenté
phaëton - voiture à cheval 

Les maisons de bois (konak) rappellent ce qu'a été le vieil Istanbul. Elles sont par-ci par-là, très souvent délabrées et sabrées d'un panneau "à vendre" ("satılık). Les riches stambouliotes s'en font faire de nouvelles qui n'ont plus la ruguosité et les imperfections d'antan.

     

        

  

     

     

note - la banderole sur la dernière maison indique : "katil Israil'in ürünlerin boykot ediyoruz bugün Filistin yarın biz" ("nous boycottons les produits d'Israël maudit, aujourd'hui c'est la Palestine, demain c'est nous")
Par romainrama
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 10:59

Je voulais vous parler des türkü, les chansons des régions de Turquie, et vous faire la liste de ceux que je préfère. Vous me redemanderez directement. Depuis Beijing où j'écris, je n'ai plus mes CDs, laissés entre de bonnes mains à Paris.

Pour moi, ces chansons incarnent mes bonheurs de Turquie et, désormais, la grande nostalgie de mon existence là-bas. J'ai bien fait je crois de les laisser loin de moi, car je les associe à des visages, ce sont les scansions de mon séjour. Je les ai d'abord entendues à la montagne, puis dans une meyhane, puis avec Basak dans une boutique d'Istiklal, et depuis mon lit dans mon bodrum, ou dans les soirées de Lambda, à l'université, ou encore loin sur la rive asiatique...

Cette chanteuse, par exemple, est une étudiante de Galatasaray. Ecem et Nur Banu m'avaient emmené à un concert qui a finalement duré presque trois heures, pourtant si courtes. Interprétant des chansons des Balkans, cette femme très belle faisait sortir de sa gorge ces modulations les plus limpides que je n'ai connues qu'en Turquie.

A Maltepe, "loin sur la rive asiatique", les Kardes Türküler se sont produits. Lors d'une soirée dramatique, j'y avais couru, sans craindre l'heure et demie qui m'en séparait, et l'heure et demie pour en revenir. Là, ce groupe dont les membres, dont la plupart sont diplômés de Bogazici et ne cessent de se renouveler, est paru habillé de blanc. Leurs chansons les plus connues viennent de l'Est dont je revenais. Ils mêlent instruments traditionnels et modernes. Au bout de quelques minutes, deux jeunes femmes se sont levées au milieu de la salle, entre tous les fauteuils, pour danser. Elles se sont rassises.

Quelques instants plus tard, elles se relevaient. La majorité de la salle était jeune, étudiante, manifestement libérale. Chanter en kurde ne relève pas en Turquie seulement du folklore, mais également de la politique. Mais il ne fallait pas généraliser : femmes voilées, adultes, enfants, comme d'habitude, s'agrégeaient, comme toujours, au reste du public.

J'ai pensé que ces deux femmes, debout devant leurs voisins assis, les gênaient. Mais soudain, sur les travées, des dizaines d'auditeurs sont sortis, ont dansé, les petits doigts dans les petits doigts, les pas heurtés qu'il fallait. Puis, d'autres couraient juste devant la scène, faire une immense farandole, qui s'est repliée sur elle-même une fois, deux fois, trois fois, et remontaient dans les allées. Dès lors, plus personne n'est retourné s'assoir et la salle entière s'est mise à bruire de partout.

Je me souviens que - c'était tout proche de mon départ en France - j'en ai pleuré parce que je me sentais heureux. özledim...

(pensif)

NB j'ai noté les noms des CDS et des instruments traditionnels sur mes carnets - je les ajouterai à Paris...
Par romainrama
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 12:33

Orta Doğu Teknik Üniversitesi, ODTÜ, est l'une des trois meilleures universités du pays, avec Boğazici à Istanbul et Bilkent, également à Ankara.

Les bâtiments sont marqués années cinquante et le campus, immense, est semé de bustes de célébrités intellectuelles.

Depuis 1969, les gradins du stade portent l'inscription suivante : DEVRIM, REVOLUTION. Historiques, les lettres de l'université sont rafraîchies périodiquement.

Aujourd'hui, les étudiants n'y sont plus politisés, regrette Esen, qui file à un examen donné à la faculté des sciences sociales.

Son meilleur ami, homosexuel, porte un pu
şi, un foulard noir et blanc qui symbolise la lutte du PKK. Il est pour un Kurdistan libre. Tous deux boivent chez elle des bières le soir quand ils ont fini de travailler, sous l'affiche suivante :


"Ne mutlu türküm diyen" est un slogan forgé par Atatürk. Les soldats, lorsqu'ils marchent au pas, le crient à tue-tête. Il signifie : "Que je suis heureux de me dire turc".

L'affiche a repris le slogan en remplaçant "turc" par d'autres identités minoritaires :
kürt = kurde
ermeni = arménien
alevi = alévi
uzun saçları = aux cheveux longs
laik = laïc
komünist = communiste
gay = gay
ortodoks = orthodoxe
Malatya'da misyoner = missionnaire à Malatya
dinimi yaşayamıyorum = je ne peux pas vivre ma religion
orospu = prostituée
kafayı yedim = je suis fou (littéralement : j'ai mangé la tête)
ıssız = abandonné
kadın = femme
Orhan Pamuk akıllı olsun = qu'Orhan Pamuk soit intelligent
umrumda değil = je m'en fous.

(être convaincu de tentative)
Par romainrama
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés